30 septembre 2009

L'heure du thé

Il était quatre heures de l’après-midi un jour de septembre 1943 quand des éclats de voix et des bruits de bottes me firent sursauter. Je n’avais pas encore identifié les bruits que mes mains se couvraient de transpiration. Mes doigts, pris de tremblements, déchirèrent les feuilles de papier de soie et le thé se répandit sur mon sari. Une constellation d’éclats noirs sur l’étoffe blanche. Ma voisine, une femme aux yeux marron ourlés de cils immenses, me lança un regard consterné et inquiet.
Le tuan besar apparut dans l’atelier, suivi de trois hommes portant l’uniforme japonais. Dans un anglais haché, je l’entendis expliquer la fabrication du thé à ses visiteurs.
Juliette Morillot Les orchidées rouges de Shanghai 2001

1 commentaire:

Thé noir a dit...

Le Japon a offert «des excuses sincères» et un milliard de yens (11,5 millions de dollars) aux quelques dizaines de ces esclaves sexuelles sud-coréennes encore en vie.
http://www.lapresse.ca/international/asie-oceanie/201512/28/01-4934944-accord-historique-entre-seoul-et-tokyo-sur-les-femmes-de-reconfort.php