07 septembre 2018

Déjà lu

Déjà écouté, plutôt. Plus tôt, en juin. Belle voix. C'est ce livre
qui m'a posé le problème des passages de thé: comment les noter.
Celui-ci, avec ses 4 parties bien distinctes à l'écoute, 

a révélé des chapitres sur papier, qu'il m'a fallu calculer par rapport aux minutes retenues. 
C'est très curieux de découvrir l'enveloppe charnelle d'un livre dont je connais déjà l'essence, comme voir les feuilles d'un thé bu à l'aveugle. Il y a des titres à chaque chapitre des quatre parties, je trouve le thé à gauche ou à droite, en bas ou en haut, alors qu'il n'était que virtuel dans mon souvenir.
Voici le passage que je tenais particulièrement à garder:
C'était en 1988. [...] Tenant le thé vert pour la boisson la plus diurétique qui soit, souhaitant dégonfler même si elle n'était plus qu'une charpente et réduire magiquement la circonférence de ses os, Macha en buvait des litres. Elle se remplissait et se vidait tout aussi vite. Se remplir de liquide et se vider rapidement occupait sa journée – boire, attendre l'envie, se vider, recommencer. Une machine. Bounine et Kolia préféraient les variétés noires, mais depuis quelques années, le vieux ajoutait un peu de sucre et du lait à son thé pour l'adoucir.  
Il y avait deux théières sur la table. L'une, en fonte, avait été rapportée du Japon par Bounine et servait au thé vert. On ajoutait de l'eau pas trop chaude sur les feuilles jetées dans le récipient. Au terme de l'infusion d'une minute environ, Macha versait la boisson déliée dans une grande tasse. L'autre, en porcelaine sans motifs, était réservée au thé foncé. Le samovar, trop encombrant, trop russe, pas exotique, avait été remisé avec les casseroles. 
L'homme blanc de Perrine Leblanc 2010 Le Quartanier

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