Sans doute trop peu, le 15,
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1 cuillerée comble, 1 minute
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je l'ai trouvé insignifiant;
et probablement trop, ce matin,
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| les feuilles infusées du reste du sachet (d'abord 1 minute, 1.5 minute pour la 2e infusion) |
je n'avais qu'une envie en le finissant: avaler un grand verre d'eau froide.
On s'habitue à tout et si la situation globale devait s'envenimer, je l'apprécierais sûrement autant que les héroïnes de "Dans la forêt".
NOUS détestions
le thé avant que tout cela n’arrive. Je buvais du chocolat et Eva
évitait la caféine, mais à présent les sachets de thé éventé
de notre mère sont l’une des rares
gâteries
qui nous apporte un peu de bien-être. Même Eva est prête à
rationner le thé. Dans une boîte de chez Fastco qui contenait
autrefois quatre cents sachets, il n’en reste plus que neuf. Mais
si on retire l’agrafe qui ferme le sachet et qu’on tamise le thé
dans un bol, on s’aperçoit qu’il ne faut qu’une pincée, juste
un peu de poussière de thé, pour transformer de l’eau bouillie en
un liquide légèrement parfumé dans lequel flotte un soupçon de
poudre, et c’est comme une sorte d’alchimie qui civilise l’eau,
donne vie au fantôme – au moins – du thé.
Nous
arrivons ainsi à faire durer un seul sachet une semaine, et
peut-être que compter les sachets de thé nous en dit plus que
n’importe quel calendrier sur le temps qui passe.
...
Mais ce soir nous buvons de
l’eau chaude transformée en thé par la poudre au fond de la boîte
de chez Fastco. Elle donne au liquide fumant dans nos tasses une
teinte et un parfum et un goût si légers que quelqu’un qui
ignorerait qu’il boit du thé pourrait penser qu’il s’agit
juste d’eau chaude.
Mais nous savons que c’est
du thé. Et nous savons que demain il n’y en aura plus.
Dans la forêt, Jean Hegland 2017 Gallmeister