19 juin 2013

À cheval donné

je me plais à regarder la bride. Dans le colis reçu hier, se trouvait, en plus de ma commande,


un échantillon de thé... vert.

J'en profite pour utiliser du matériel dormant: le galet de Caroline Roy, dont je vérifie la capacité ainsi que celle du futanashi. Je les dépoussière à l'eau froide. Eh oui! ces histoires de température d'eau m'ont toujours paru illogiques: pour abaisser l'eau de bouillante à chaude, il suffit de la verser dans une théière froide,

ce que mon thermomètre prouve sans tarder. Le tokoname est à 16°

avant que j'y verse de l'eau bouillante, qui se retrouve aussitôt à 76°.

À peine le temps de dévisser le couvercle de l'échantillon de sencha et d'y puiser une cuillerée d'ashikubo, l'eau est à la température recommandée et j'y jette les feuilles qui se précipitent presque toutes au fond.

Les feuilles sont d'un vert vif, l'arôme est moins légume que je l'appréhendais.

Après 2m40s, je commence à verser, sachant combien il ne faut laisser aucune goutte sur les feuilles.

Le filtre est si bien conçu et si bien fabriqué que j'y arrive en penchant résolument la théière jusqu'à assèchement complet.
Le galet, dans le creux de ma main, me dit que le thé est prêt à être bu, que je ne risque pas de me brûler. Pas besoin de siroter, je peux prendre une vraie gorgée, c'est si agréable quand la température du thé est celle qui me convient. Tiens, il présente une lointaine ressemblance avec le vieux Tie Kuan Yin. Bon point pour ce thé japonais: je ne développe pas de chat dans la gorge, c'est plutôt derrière le front qu'une tension apparaît. Quand elle s'amenuise, c'est au palais que persiste le goût.
Après la première grande tasse de 250 ml, j'infuse deux autres fois, avec beaucoup moins d'eau, pendant 3 minutes. J'observe les mêmes effets successifs, plus un appétit croissant. J'attends d'avoir fini de boire la troisième tasse, et constatant la persistance du goût au palais, j'applique le truc découvert avec le vieux Tie Kuan Yin: je mange une pointe de tarte aux framboises, qui efface toute trace du sencha, au palais aussi bien qu'à l'estomac.

Je peux donc poursuivre mon examen de la bride (voir plus haut). Sur la page internet dudit thé, je lis:
Provenant de la magnifique vallée d’Ashikubo, ce thé a la particularité d’avoir subit un long séchage au four. Il en résulte une liqueur douce et limpide au goût légèrement plus fruité (kiwi, mangue) et grillé (maïs, chair de noisette) que d’autres sencha généralement au caractère plus herbacé.
C'est clair que je ne qualifierais pas cette liqueur de "douce", sans être agressive, elle s'impose; je n'y ai pas détecté de saveur de fruit, grillé est peut-être ce qui décrirait le mieux ce goût persistant. Noisette dans la toute dernière gorgée, froide, de la première tasse.
Sur la page papier (Thé vert À la rencontre d'un art millénaire) de ce même thé, je lis:
Provenant de la magnifique vallée d'Ashikubo, ce thé de type asamushi a subi un long séchage. Il en résulte une liqueur douce et savoureuse aux arômes de fruits exotiques et de maïs sucré.
et un renvoi à la page 80 pour l'explication sur le style asamushi:
Obtenus par une dessication courte (20 à 40 secondes), les sencha de style asamushi se reconnaissent par leurs feuilles habituellement entières et moins brisées. Souvent léger et peu tannique, leur goût ample rappelle les légumes verts et l'herbe fraîche.



Je n'ai pas vu de feuilles entières, et même si elles ressemblent à des rognures de gazon, c'est au seul niveau visuel, pas du tout olfactif ni gustatif.
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2 commentaires:

Vanessa a dit...

Mince, tu l'appelles futanashi ta théière, moi je l'appelle jusqu'à présent kyusu, mais je ne suis pas encore une experte... D'ailleurs ton lien vers la futanashi n'est pas direct, il nous faut retirer une partie de l'adresse pour aller vers le lien.
Et j'aime beaucoup ton "galet".
Belle dégustation... moi aussi j'ai quelque fois du mal à trouver le fruité mais je n'infuse pas autant de temps que toi.

Thé noir a dit...

Merci, Vanessa, j'ai corrigé le lien et vérifié les autres. Quand j'ai acheté cette Tokoname, je l'appelais kyusu autant que l'autre théière à anse latérale ET couvercle que j'avais déjà mais en m'en servant pour le sencha, sa tête nue a révélé ses qualités pour que l'eau, déjà peu chaude, continue de tiédir rapidement,ce qui permet de boire la tasse aussitôt le thé versé. Quant aux trois minutes, non seulement c'était le temps minimum recommandé par les vendeurs, c'est aussi le temps que j'applique à toute première dégustation, quitte à raccourcir ou rallonger ensuite. Je vais essayer le senchado tel que décrit dans leur livre et sur la page du sencha (vidéo).